Après
des années, la patience s’est muée en
impatience et le rêve se réalise
enfin.L’âge, la maison,
le confort matériel ne m’ont pas assagi. Bien au
contraire, j’ai même contaminé femme et
enfants. Les voyages, seul ou en
famille, n’ont pas apaisé ma soif d’ailleurs.
Ils ont nourri mon rêve. Partir 3 ou 4 semaines
devenait frustrant. Nous voulions prendre le temps de vivre, de
nous imprégner des lieux et des gens sans avoir
l’angoisse de la fin des
vacances.voulions en finir avec cette course
effrénée que s’imposent la majorité des
familles, la nôtre y compris. Nous ne voulions pas poser nos
valises mais bien au contraire les prendre pour nous poser et
profiter de nos enfants.Le projet est resté longtemps très
flou avec malgré tout une constante : l’envie de
partir au long cours sans itinéraire
rigide, sans sponsors ou autre fil à la patte, sans
calendrier si ce n’est celui des saisons et de nos humeurs,
rester disponibles en laissant faire le hasard, rien ne devant
entraver la maîtrise que nous avons de notre
destin.J’ai voyagé à plusieurs
reprises avec un camping-car 4x4 et l’expérience
étant concluante, j’ai d’emblée
opté pour ce mode de
transport .Il restait après cela une multitude de
points à régler : budget, achat et
aménagement du camping-car, choix du continent, transport du
c-car, santé, assurance, école, devenir de notre
maison, notre famille.Après le rêve, la deuxième
phase du voyage
commence……….
Départ le 13
septembre 2006 sur le cargo pour
l’Argentine puis traversée du continent
américain du S au N.
Lucas, 8 ans, et
Philippe ont donc embarqué avec le camping-car sur le cargo
Republica Argentina (coïncidence de bon
augure ?). Orian, 3 ans, et moi avons pris
l’avion début octobre (2006) et nous nous sommes tous
retrouvés à Buenos Aires.
Nous avons passé 8 mois à parcourir
l’Argentine dans tous les sens dont 2 avec les grand-parents
qui nous ont rejoints. Nous sommes vraiment tombés amoureux
de ce pays et de ses habitants et le quittions à chaque fois
le cœur lourd.
4 mois, nous ont permis de
découvrir le Chili, plus proche de l’Europe, du S au
N. Nous avons consacré 1 mois au S de la Bolivie, un
dépaysement total et un voyage qui a mis à rude
épreuve le c.car.
Ces 13 mois nous mènent à fin
octobre 2007 avec un retour « aux sources »
pour 2 mois. Notre maison étant louée, nous avons
été hébergés par nos amis Serge,
Cécile et leurs 3 filles. Le camping-car est resté
à quelques km de Buenos Aires dans un camping, sous bonne
surveillance de Beatriz et Angele, les propriétaires. Nous
l’avons retrouvé en janvier 2008 pour poursuivre notre
périple.Nous n’avions jusqu’à
présent fait ni site, ni blog mais cela devenait une
nécessité pour Philippe et les demandes des amis
et de la famille dans ce sens ont fini par avoir raison de ma
réticence.
jeudi 14 février 2008 19:18
Veronica fut notre première rencontre argentine au
début de notre périple en octobre 2006. A notre
retour à Buenos Aires en janvier 2008, après nos 2
mois en France, elle nous accueille « chez elle comme
chez nous ».
Les
garçons ne pensent qu’à jouer sur
l’immense terrasse écrasée par le soleil
estival. En quelques heures, nous avons troqué la
choucroute, la raclette, le Mont d’Or et le froid contre
chaleur et fruits gorgés de sucre !
Veronica nous
emmène, avec son fils Franco, dans sa
Chevrolet de location à Escobar, petite ville, à une
trentaine de km de Buenos Aires au parc zoologique
Maiken.
La chaleur est telle
(40° C) que nous nous joignons régulièrement aux
groupes de visiteurs massés autour d’un poteau qui
souffle de l’air frais et vaporise de
l’eau.
Nous restons de longues
minutes derrière une paroi vitrifiée, guettant
l’approche de l’hippopotame, courant sous l’eau
et provoquant l’hilarité générale
à chaque pet qui s’échappe en formant de
grosses bulles.
Finalement
l’attraction de loin la plus appréciée
fut….la traite des vaches. Le lait sert ensuite à la
confection de glaces succulentes que nous sommes allés
déguster chez Munchi’s, le glacier à quelques
pas de là.
Les chèvres ont
également eu beaucoup de succès auprès des 3
garçons.
Le c.car nous attend au camping l’Hirondelle
à Tigre à 28 km au NO de Buenos Aires au bord du rio
Lujan. Le week-end, la ville est envahie par les Portenos
(habitants de Buenos Aires) cherchant un peu de verdure. Le camping
se trouve au bord de la rivière. Les samedi et
dimanche, des familles y viennent faire des
asados (grillades) et pêcher.
Des bateau-taxis
passent plusieurs fois par jour et conduisent
jusqu’au centre. Durant l’année scolaire,
Beatriz et Angele ouvrent leur grille aux écoliers venant
attendre le bateau-ramassage-scolaire sur le ponton de
bois.
Pour éviter la
circulation dans la capitale, nous laissons le c.car
sur le parking de la gare de Tigre puis prenons
le train pour nous rendre à Buenos
Aires.
Un soir, Beatriz et
Angele nous convient à partager un asado. Tous leurs enfants
sont là pour fêter leurs 39 ans de
mariage...
Après la Panaméricaine, nous
empruntons la ruta 12 puis 14 pour rejoindre
Colon et son pont qui enjambe le rio Uruguay servant de
frontière entre l’Argentine et l’Uruguay. Cette
région est connue de tous les voyageurs pour sa police
corrompue. Nous n’avons pas échappé à la
règle et avons été confrontés à
un groupe de jeunes policiers qui ont tenté de nous soutirer
de l’argent pour des raisons totalement rocambolesques mais
Philippe n’a pas cédé et a inventé une
histoire qu’il a répétée inlassablement
et à laquelle il a fini par croire lui-même. Ce fut en
8 mois de voyage en Argentine, l’unique cas de corruption
rencontrée.
Le lendemain matin, nous nous
arrêtons à une station essence. 2
c.car brésiliens de la taille d’un
bus nous précèdent. La conversation s’engage
rapidement en Espagnol et Anglais. Gevasio et sa seconde femme
Neide voyage quelques jours dans l’un d’eux avec sa
fille Ana et son gendre Adalberto. L’espace et le luxe
intérieur nous laissent rêveurs. 600 l de
réserve d’eau, 2 TV écran plat aussi grandes
que notre table, douche immense, WC séparé, four,
frigo, congélateur, plaque 4 feux. La cabine toute de cuir
beige revêtue s’ouvre complètement sur le salon
occupé par le coin repas et une banquette
supplémentaire 3 places. Les sièges à
l’assise généreuse pivotent et offrent ainsi
une pièce à vivre spacieuse, lumineuse et
égayée par les tissus fuchsia des banquettes. Les
placards en bois clair vernis laissent entrevoir par des portes
vitrées ( !) de nombreux verres à pied (en
verre!) et des assiettes en porcelaine assorties au tissu
d’ameublement. De la soute, on peut sortir sur rail une
cuisine d’extérieur ainsi qu’une 3e
TV qui lui
fait face.
La conversation se poursuit
autour d’un repas puis chacun reprend sa route avec promesse
de se revoir.
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